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Une palette de peintre

PURMAMARCA est un petit village andin situé sur le versant oriental de la chaîne au nord de Jujuy.

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Il bénéficie d’un site magique, se détache sur un fond de roches colorées ondulant au pied de versants décharnés. Striés de gris-vert, d’ocre jaune et de rouge rubis, les bas de pentes semblent animés d’un mouvement de zigzag permanent. C’est surprenant de découvrir ces figures minérales au bout des ruelles assoupies au centre du village. Des tissages bariolés de couleurs vives aux dessins andins, sont empilés sur les étals autour de la place centrale et semblent faire écho aux fantaisies colorées de la montagne. C’est dans cette ambiance à la fois tranquille et vivante que nous nous sommes attablés au restaurant tout proche, « posta de Purma » avant de reprendre la route vers l’Ouest.

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Pour gagner les « salinas grandes », le bus emprunte la ruta 16 en direction de la frontière chileno-argentine. C‘est une route plutôt en bon état, très fréquentée par les convois de transports entre l’Argentine et le Chili. On y a croisé de nombreux camions chargés d’automobiles, qui, renseignements pris, ne font que traverser l’Argentine pour aller livrer leur cargaison au Paraguay, pays enclavé. Ces véhicules débarquent dans les ports chiliens après avoir traversé le Pacifique en cargos, venant de l’Asie du Sud-Est. Les voitures neuves vont vers le Paraguay, alors que les véhicules usagés prennent le chemin inverse, du Paraguay vers le Chili.

Après avoir traversé la zone de la puna, entre 2000 et 3000m, un milieu aride et steppique, les salinas apparaissent sur l’altiplano, au-dessus de 3000 d’altitude. Cette vaste étendue de près de 15 000 ha, est en rupture totale avec les milieux andins que nous venons de traverser. A l’entrée du site, les hauts tas de sel au bord de la route donnent le ton : éblouissement absolu ! Le sel est extrait mécaniquement depuis quelques années en creusant des bassins rectangulaires et allongés, profonds d’une trentaine de cm. Dans une eau turquoise flottent des efflorescences de sel qui se forment par évaporation de l’eau. Le sel cristallise alors et peut être collecté et empilé en petits tas coniques. L’ambiance est indescriptible. Une immensité désertique et salée, plane, blanche et encadrée aux quatre points cardinaux par les reliefs émergeant de la chaîne des Andes.

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Une géographie de nulle part, abstraite, immaculée, infinie.

 


 

Quelques photos de la journée :

 

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