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Ça pique sous les tropiques !

Des cardones  par centaines nous accompagnent le long de la route qui nous mène depuis Huacalera jusque Tilcara. Ces plantes sont partie prenante des usages traditionnels de la région : leur structure ligneuse  est notamment  utilisée pour la conception  des toits et plafonds  et en tant que matériau principal de multiples objets : boîtes,  porte-crayon, bancs ou encore abat-jour et tabourets.

Nous atteignons  ensuite la forteresse de Pucara  de Tilcara, site remarquable.

Demandez les explications au guide Oratio : Il saura vous indiquer combien le site a été dégradé  par les soldats archéologues autoproclamés, ceux-ci  ayant fait  de nombreuses erreurs d’interprétation lors des reconstitutions et surtout la forteresse n’est pas une forteresse !

Somme toute, il faut retenir que le site est à la croisée  de quatre vallées encaissées donnant dans les quatre directions cardinales et fut habité  dès 5000 ans avant Jésus-Christ. Au sommet, un mausolée du style inca n’a rien à voir avec le site (il y fut  construit par un architecte (français! ) souhaitant rendre hommage à un de ses maîtres) : les Pucas, ethnie locale, était une puissance colonisatrice dans cette région ayant prospéré du IXème siècle jusqu’à l’arrivée  des Espagnols. De ce sommet fortement surélevé, on observe merveilleusement les 4 belles vallées  encaissées.

A part cela, notre guide nous apprend des lamas laineux qu’ils sont une race hybride créée  par l’homme et que celui à la tête noire est qualifié  de macho. Il nous présente également diverses plantes utilisées dans les usages quotidiens traditionnels telles que :

  • la Molle  : un arbre dont la sève possède des propriétés antifungique et sert de colle notamment dans la fabrication d’instruments de musique.

  • l’Algorrobo (Prosopis ) : arbre dont les fruits  mâchés ont un goût de cacao et sont également utilisés après fermentation pour la fabrication d’alcool.

Puis, afin d’assouvir notre faim de découverte : déjeuner en compagnie de l’universitaire Maria Elena où nous dégustons un steak de lama accompagné de musique andine jouée  et chantée par un groupe local.

 


 

Traverser la ligne du tropique du Capricorne, cette ligne en pointillé parallèle à l’Equateur, est, pour les géographes, un moment très exaltant. Notre expédition scientifique a vécu ce moment de joie à quelques portées de flèches indiennes de HUACALERA. Une pancarte indique « Tropique du Capricorne » et un monument marque le lieu.

Le croquis ci-contre (Fig. 1) explique la construction géométrique qui dessine la ligne du Tropique du Capricorne, issue de l’intersection de deux plans, inclinés de 23°5 entre eux, les plans de l’Equateur et de l’écliptique.

La Figure 2 indique, comme base de la position du soleil à midi vrai à Paris (latitude 48°), en comparaison avec la Figure 3, au Tropique du Capricorne (latitude 23,5°).  Au solstice d’été, le soleil y est à la verticale !

Revenons au monument érigé (Fig. 4) : un cercle de pierres sèches, de 20 m de diamètre environ. Une lame de pierre, muret étroit est construit sur un rayon orienté nord –sud : c’est un cadran solaire dont le style est au centre du cercle de pierre.

Il semblerait que ce monument soit inachevé. Il manque un pavement Est-Ouest pour le tracé du Tropique du Capricorne, objet du monument. Cadran solaire aussi dont le style, au triangle de 10m de long est implanté Nord-Sud mais il manque toutes les marques horaires. Notre expédition  était sur place à 11h locale. Le midi vrai devait arriver à 13h22 suivant le calcul d’après la longitude du lieu (65,5°) correspond à 16h22 (le décalage en heure d’hiver est identique en France et en Argentine). Il n’est pas tenu compte ici de l’équation du temps, estimée à 3 minutes.

Nous avons trouvé le midi vrai à 13h22 lors de notre visite à Tilcara.

Les incas n’auraient pas conclu autre chose.


Quelques photos de la journée

 

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