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La Géographie n°1601 (Ete 2026) – Dossier « Transports »

Edito la géographie septembre 2026

Edito la géographie septembre 2026

 

 


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ÉDITORIAL

par Jean-Robert Pitte, de l’Institut

Les transports sont au cœur de la géographie, puisqu’ils désignent les déplacements de personnes, de biens matériels, d’informations, d’argent d’un lieu à l’autre. Ils créent des flux qui, depuis la Préhistoire, n’ont cessé de s’allonger et de se densifier. La chanson que Bourvil interprétait en 1946, « à pied, à cheval, en voiture » est bien datée désormais ! Les moyens de transports sont devenus si multiples, si foisonnants et si rapides qu’ils dépassent aujourd’hui l’entendement et la capacité d’analyse des observateurs.

Dans ce numéro de La Géographie, nous avons cependant tenté de dresser un bilan quantitatif et qualitatif des différents volets de cette dynamique sans laquelle nous ne pourrions vivre à huit milliards d’êtres humains. Depuis la sortie de l’Eden, en effet, l’autosuffisance sédentaire est éminemment précaire, voire mortifère. Il suffit de penser aux rares tribus isolées des forêts tropicales (Amazonie, Indonésie) dont le sort n’est guère enviable. Hélas, la régulation de ces flux si intenses du monde contemporain est devenue un casse-tête et il en résulte des goulots d’étranglement et des embouteillages qui nous empoisonnent la vie et créent des tensions géopolitiques pleines de dangers. Puissent ces pages vous permettre de mieux comprendre la complexité des mouvements des êtres et des choses à la surface de notre Terre. Surface, façon de dire, puisqu’un certain nombre de flux sont sous-marins, grâce aux câbles qui transportent de prodigieuses quantités d’informations, et circumterrestres, grâce aux satellites qui relaient l’autre partie.

Évoquons pour finir le bien-être que nous recherchons tous et n’oublions pas le poétique sens figuré de transport, celui qui désigne les mouvements de l’âme, les émotions vives, les sentiments passionnés, les effusions. Les transports d’admiration, d’allégresse, d’enthousiasme, amoureux, rendent la vie digne d’être vécue. Hélas, on n’échappe pas aux transports de colère, de jalousie, d’orgueil, de douleur. Pour leur plus grand malheur, les humains transportent aussi leurs passions tristes, leurs maladies, leurs armements, leurs rancœurs. Grâce à leur imagination et leur agilité, s’ils ne se plaisent pas où ils se trouvent, ils tentent de déménager, de partir en vacances, d’émigrer afin de trouver mieux pour un temps ou pour le reste de leur vie. Sans les transports, nous nous ennuierions beaucoup.

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