Jean-François Troin : « Je souhaite que le public comprenne combien la géographie est une science joyeuse ! »

Géographie du transport ferroviaire dans l’Est de la France. Souks du Maroc septentrional. Urbanisation du monde arabe. Retour au transport ferroviaire. Quoi de plus parlant que cet inventaire à la Prévert pour décrire le parcours de Jean-François Troin, désormais Professeur en géographie émérite de l'Université de Tours ? A l’occasion de la parution récente de son ouvrage Carnets de géographie anecdotique. Ce que les géographes ne disent pas, le géographe revient pour nous sur sa vie et son amour pour la géographie.

Vue aérienne du souk de Tiflèt (arrière-pays de Rabat) en 1971. Alignement des tentes, quartiers différenciés du centre (commerces « riches » en grosses tentes) vers la périphérie (« faubourgs » plus ruraux), marché au bétail en bas, services pour les fellahs plus diffus à droite : une stricte organisation spatiale. Cliché J.-F. Troin.

 

Comment avez-vous découvert la géographie ?

 

J’ai découvert la géographie en Sorbonne en Propédeutique, année préparatoire au DEUG et à la licence. Ce fut pourtant dans la souffrance. Je rappelle dans mes Carnets de géographie anecdotique parus en décembre 2018, les circonstances de cette « découverte » :

« Je revois sur mon papier millimétré les coups de stylo rageurs d’André Prenant, jeune assistant en géographie pour l’année de Propédeutique, corrigeant ma première coupe géologique sur laquelle je faisais passer joyeusement la couche d’alluvions de la vallée de la Bièvre sous le plateau de Saclay pour aller rejoindre la vallée de l’Yvette voisine » (p.41).

On aura compris que la géomorphologie n’était pas mon fort. Je devrai d’ailleurs ma réussite à l’agrégation à la leçon orale d’histoire sur Louis IX prince héritier et roi et non pas à la coupe géologique désastreuse que je présenterai au jury. Sans souhaiter initialement devenir enseignant, je persisterai cependant en licence puis en DES (Diplôme d’Études Supérieures) et, encouragé par mes camarades de l’Institut de géographie de Paris, je passerai les concours du CAPES et de l’Agrégation. Le DES, ancêtre du Master 1 actuel, préparé sous la direction du Professeur Georges Chabot, satisfera, il faut l’avouer, mon goût prononcé depuis l’enfance pour le ferroviaire puisqu’il portera sur la voie ferrée Valenciennes-Thionville. Ce cordon ombilical entre charbon du Nord et Fer de Lorraine, permettait à l’époque un fonctionnement en « combinat » de ces deux régions minières. Il y avait là une façon originale d’aborder la géographie régionale. Et la géographie du ferroviaire deviendra – ultérieurement et tardivement – ma deuxième spécialité.

Nommé au Maroc en 1958 dans un lycée de Rabat, je découvre les souks, marchés hebdomadaires ruraux ponctuant le territoire et couvrant le pays d’un réseau régulier et structuré, le contraire de ce que se représentent les Occidentaux qui assimilent le souk au fouillis, au désordre pour ne pas dire au « foutoir ». Je découvre une trame de marchés historiques, dense, des foules assemblées une fois par semaine en un lieu parfois nullement repérable parce que souvent non construit, une réunion éphémère mais incontournable rassemblant des centaines ou des milliers de personnes.

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Vue aérienne du souk de Tiflèt (arrière-pays de Rabat) en 1971. Alignement des tentes, quartiers différenciés du centre (commerces « riches » en grosses tentes) vers la périphérie (« faubourgs » plus ruraux), marché au bétail en bas, services pour les fellahs plus diffus à droite : une stricte organisation spatiale. Cliché J.-F. Troin.

À la fin de mes Carnets, j’écris :

« Immensité du marché, foule, animation, diversité des étals, bruits et appels, odeurs, poussière, couleurs éclatantes, installation puis disparition de la ville éphémère de toile blanche, misère rurale voisinant avec le prospère négoce urbain, tout cela entremêlé ne pouvait que me marquer à jamais. Et une confirmation s’imposait : ma vie serait géographie » (p. 289).

Je m’excuse de me citer une fois encore, mais c’est bien ainsi que se détermina et se confirma ma vocation pour la géographie.

 

Quels sont vos domaines et terrains de recherche ? Pourquoi vous êtes-vous tourné vers eux ?

 

Pendant mes onze ans de présence au Maroc, d’abord comme professeur agrégé détaché au lycée Moulay Youssef de la capitale, puis très vite comme assistant au département de Géographie de la Faculté des Lettres et sciences humaines de Rabat, je me suis entièrement consacré à l’étude des souks ruraux, sujet de ma thèse d’État.

La tâche était immense car il n’existait aucune statistique valable sur ces marchés et j’ai dû les visiter un par un pour établir comptages, relevés, enquêtes auprès des commerçants « soukiers » et des fellahs. J’ai ainsi analysé 400 marchés sur la moitié nord du Maroc – un espace équivalent à celui de la Bulgarie – pendant environ six années de déplacements qu’il a fallu caler entre les cours en tenant compte des jours de marché répartis sur les sept jours de la semaine. Ce fut une lutte à fleurets mouchetés avec mon patron de thèse, Jean Dresch, qui souhaitait une étude complète sur tout le territoire, afin d’y inclure les souks du Sud qu’il affectionnait tout particulièrement depuis ses travaux sur le Haut Atlas. Cela aurait représenté plus de 850 marchés à l’époque et plus de dix ans de terrain ; il aurait fallu tout recommencer une fois achevée la prospection initiale, les souks se multipliant (plus de 1000 en 1972) et les premiers relevés étant devenus obsolètes. Impossible d’échantillonner comme le suggérait Jean Dresch qui finit par se rendre à mes arguments mais regretta jusqu’au jour de la soutenance l’absence des souks méridionaux. Des thésards marocains, heureusement, comblèrent plus tard ce vide en inscrivant sous ma direction des sujets de thèse sur les souks par ensembles régionaux dans la partie sud.

Jean Dresch m’ayant orienté sur ce thème des souks, plein de promesses, il suivit ma lente progression sur les marchés avec bienveillance et me laissa une totale liberté. Malgré la monotonie des enquêtes répétitives, les distances à parcourir, les accès difficiles des marchés montagnards du Rif, je me passionnais pour ce monde rural, découvrant la structure, le fonctionnement, les flux d’échanges de la campagne marocaine. Ce fut un moyen exceptionnel de connaître en profondeur le pays, d’apprendre sur le terrain le métier de géographe. Les enquêtes révélaient la pauvreté des paysans, le rapport inégal exploitant/exploité entre commerçants roublards et fellahs illettrés, la ville absorbant les récoltes versus la campagne dépouillée de ses productions vendues à vil prix. Mais surtout les plans de marchés que j’établissais faisaient ressortir l’organisation interne structurée de ces souks, semblable à celle des médinas, détruisant ainsi l’image folklorique répandue chez les Européens de lieux désordonnés et pagailleux.

Le rôle socio-économique majeur de ces pôles éphémères surgissait, leurs possibilités, par leurs réseaux couvrant les territoires de façon équilibrée, d’animer un aménagement spatial étaient évidentes. Je développais cet argument auprès des administrateurs qui ne l’entendaient pas de la sorte, souhaitant avant tout miser sur les centres urbains et rejeter cette ruralité dont ils étaient issus mais qu’ils ne supportaient plus. Ils voulaient avant tout expulser le souk vers la périphérie urbaine en récupérant son espace devenu central.

Tout ce travail de terrain fut passionnant et la rédaction des cartes (un atlas de 28 planches grand format) fit apparaître des hiérarchies, des contrastes, des zones d’attraction que je ne soupçonnais pas.

Rentré en France en 1972 et nommé à l’Université de Tours, je passais tout naturellement du commerce à la ville, ayant vu de mes yeux les souks se muer en agglomérations urbaines permanentes. Peu attiré par les études sur les régions ligériennes, je créais avec quelques collègues spécialistes du Maghreb un centre de recherches associé au CNRS sur l’urbanisation du Maghreb puis de l’ensemble du monde arabe qui prit le nom d’URBAMA. Ceci me donna l’occasion d’effectuer de nombreuses missions en Afrique du Nord et au Moyen Orient, de diriger des thèses sur des villes fort diverses, d’établir des programmes de recherches avec des institutions marocaines, algériennes, tunisiennes, égyptiennes, libanaises, syriennes, yéménites. Pendant plus de vingt ans, ce laboratoire tourangeau fut un creuset fort productif pour la recherche urbaine depuis Casablanca jusqu’à Sanaa.

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Cours au Master Aménagement, Développement local et gestion des territoires, Rabat, 2006. Cliché Fl. Troin

Aux abords de la retraite, mon champ d’études se déplaça – comme une sorte de retour aux sources – vers le transport ferroviaire, renouant ainsi avec le DES sur Valenciennes-Thionville de la période estudiantine. Investi dans une grande organisation associative nationale, la FNAUT (Fédération Nationale des Associations d’Usagers des Transports), j’ai travaillé sur le réseau des lignes à grande vitesse, les gares nouvelles du TGV implantées hors la ville que j’ai appelées « exurbanisées » et dénoncées comme des erreurs d’aménagement spatial. J’ai également milité pour le retour du tramway à Tours, ma ville de résidence, en présidant une association spécifique qui fut récompensée de ses efforts puisque le tramway circule à nouveau depuis 2013 dans l’agglomération tourangelle. Je me suis intégré à la commission de Géographie des Transports, très active, et participe à la rédaction d’une revue spécialisée Transports Urbains, où les géographes sont très présents. Enfin, en rapprochant mes deux « casquettes » (Monde arabe et transports), je m’intéresse maintenant aux transports ferroviaires au Maghreb et au Moyen-Orient (métros, tramways et TGV).

 

Pour vous, comment « fait-on » de la géographie ?

 

J’ai toujours fait de la géographie à partir du terrain. Je n’ai jamais eu de goût pour les modélisations mathématiques ou la géographie quantitative. Je suis sans doute un horrible traditionaliste. Cependant, j’ai multiplié les comptages, relevés, indices dans mes travaux de géographie commerciale, mais toujours à partir d’un terrain parcouru en long et en large. Cela relève d’un travail de fourmi que j’ai déjà évoqué à l’occasion des souks. Je l’ai prolongé dans mes relevés commerciaux dans les rues où je notais les types d’enseignes, l’état des boutiques, l’ambiance et l’air que l’on hume, les variations saisonnières, la clientèle croisée. L’espace vécu d’Armand Frémont a été pour moi source d’inspiration et ces comptages transformés ensuite en cartes m’ont aidé à sentir les villes de l’intérieur. Je crains que Google Earth et la multiplication des drones ne fassent disparaître à jamais ces exercices « physiques » pour les futurs étudiants géographes qui n’useront plus les semelles de leurs Adidas sur les trottoirs des villes ou les chemins de campagne.

Une autre règle que je me suis imposée avec plaisir est l’accompagnement indispensable de cartes et croquis dans tout texte géographique. La carte est notre outil identitaire et je peste contre ces longs textes publiés qui ne comportent par la moindre carte alors qu’ils évoquent avec précision de multiples lieux souvent inconnus du lecteur. Parfois, il s’agit d’une revue géographique toute entière où n’apparaît pas le moindre graphisme. C’est un peu comme si l’âme de notre métier était niée, voire méprisée, et cela m’attriste.

Après le travail en solitaire de la thèse, j’ai apprécié le travail collectif, notamment celui développé à URBAMA, et le contact répété avec des chercheurs d’autres disciplines : architectes, urbanistes, sociologues, économistes, etc. Ce fut un enrichissement considérable et aussi l’occasion de revoir mes approches trop systématiquement spatiales. Les travaux sur le secteur informel de Jacques Charmes (IRD) avec qui j’ai parcouru des quartiers du Caire m’ont beaucoup apporté.

Dans les années récentes, j’ai découvert les problématiques abordées par de jeunes collègues de la commission Géographie des Transports, leurs méthodes, leurs ouvertures sur des champs disciplinaires extérieurs à la classique géographie. Leur accueil, leur cordialité malgré les différences d’âges m’ont fortement incité à réinvestir le domaine des transports et je leur en suis reconnaissant.

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Colloque Villes et grands équipements de transport. Compétitions, tensions, recompositions (Commission Géographie des Transports, Bruxelles, 2009)

 

Quels textes, auteurs, ont influencé vos travaux et comment ?

 

En dehors de la période de mes études, je dois avouer que j’ai peu lu pendant mes années de recherches au Maroc. Sur mon thème des souks ruraux, il existait bien peu de littérature et cela me convenait ; je défrichais un terrain quasi vierge et tout était à construire : méthodologie, cartographie, traitements informatiques des données. Pour moi, ce fut un vrai bonheur. Paresse intellectuelle peut-être, excitation de la découverte de phénomènes jusque-là méconnus, sentiment de pouvoir personnellement innover ? Toujours est-il que les lectures furent minoritaires. J’en fis cependant quelques-unes.

Curieusement, alors que les souks avaient peu inspiré les géographes français – ce qui avait incité Jean Dresch à me proposer ce sujet –, des chercheurs américains avaient déjà largement défriché le terrain et j’ai puisé dans les travaux de William Fogg, anthropologue, de David Montgomery Hart, ethnologue ayant vécu au Maroc et que j’ai rencontré plusieurs fois, de Brian J. L. Berry, géographe anglo-américain de précieuses orientations de recherches. Milton Santos, géographe brésilien, me fut aussi d’un grand secours. Les nombreux écrits de Pierre George, dont j’avais suivi les cours à l’Institut de géographie de Paris et qui fit partie du jury de ma thèse, constituèrent le socle indispensable à l’élaboration de mes problématiques de recherche. Ses ouvrages La ville ou Géographie de la consommation ont notamment été des guides précieux. Au niveau méthodologique, les préconisations pour les relevés en géographie commerciale de José Sporck, géographe belge, m’ont particulièrement aidé. Et, une fois revenu en France, le groupe de travail animé par Jacqueline Beaujeu-Garnier m’a permis de continuer à progresser dans ce domaine de la géographie du commerce qui était encore balbutiante dans les années 1970.

Pour la partie géographie ferroviaire, les travaux de Pierre Merlin à la fois géographe et urbaniste et ceux de l’économiste François Plassard du Laboratoire d’Économie des Transports (LET) de Lyon m’ont largement inspiré.

 

La géographie n’est guère aimée du grand public. Que suggérez-vous pour changer cette situation ?

 

Je ne crois pas que la géographie soit une mal aimée des Français, comme le prétend une certaine maxime qui affirme qu’ils ignorent tout de cette science. Il n’y a jamais eu autant de magazines dans les kiosques à journaux traitant de notre discipline sous diverses formes. En particulier, de multiples atlas à prix abordables garnissent les présentoirs des boutiques et relais de presse. Les émissions de télévision ayant pour thème des paysages, des villes, des phénomènes naturels sont suivies fidèlement par un large public. L’usage du GPS, grandement généralisé aujourd’hui, familiarise les conducteurs automobiles avec les axes routiers, les espaces urbains, le relief, les fleuves par une sorte d’apprentissage inconscient et finalement agréable des variations régionales des territoires. Les infographies se multiplient dans la presse écrite et sont appréciées de ses lecteurs.

Je dirais plutôt que la géographie est mal connue de nos compatriotes dans ses méthodes de recherche, ses objets et thématiques, sa contribution à la protection de la planète ou à l’aménagement de l’espace, ses avancées sur des problèmes d’actualité : environnement, énergie, évolution climatique, migrations, mondialisation pour ne citer que quelques registres. Le grand public en est resté trop souvent à la perception de l’histoire-géo qu’il avait à l’école, au collège puis au lycée : une matière obligatoire destinée à passer des épreuves au baccalauréat et qui n’avait pas de prolongements.

Les rayons « Géographie » ont disparu dans la plupart des librairies et, quand ils existent, ils sont maigrelets ; les Français ont donc des excuses. Les géographes sont peu invités sur les plateaux de télévision et peu sollicités en général par les médias. J’ai écrit dans mes Carnets de géographie anecdotique que nous étions des discrets, comparés à des enseignants chercheurs d’autres disciplines en sciences humaines.

J’ai cependant l‘impression que les choses sont en train de changer. Des initiatives comme le FIG de Saint-Dié, les cafés-géo, la nuit de la Géographie permettent d’atteindre un public plus large qui découvre à quoi sert la discipline et comment on « fait » de la géographie après le bac. Des manifestations organisées par de jeunes groupes de géographes sous forme d’ateliers ouverts, de parcours sensoriels se multiplient et ont du succès. Le Printemps des cartes à Montmorillon (Vienne) en 2018 a réuni un public varié et nombreux. Les conférences sur l’anthropocène se multiplient et attirent du monde.

Ces activités de vulgarisation de la géographie doivent perdurer et essaimer. Elles demandent une forte abnégation et consomment beaucoup de temps chez leurs organisateurs, déjà surchargés par leurs tâches professionnelles, mais elles permettent aux géographes d’être mieux connus et reconnus.

De même, la participation croissante à des émissions de radio et télévision pourrait enfin nous ouvrir la porte et les carnets d’adresses des réalisateurs, sans chercher pour autant le vedettariat, mais seulement une simple reconnaissance.

 

Quels efforts accomplissez-vous personnellement dans cette direction ?

 

Depuis mon départ en retraite, je me suis investi dans des associations où mes connaissances de géographe peuvent être utiles. J’ai déjà nommé la FNAUT au niveau national, mais il y a aussi en Touraine l’ADTT (Association pour le Développement du Transport collectif en Touraine) qui milite pour le développement du transport public et notamment du tramway. Après des échanges parfois âpres avec la municipalité précédente, nous avons assisté au succès retentissant déjà évoqué de la première ligne ouverte en 2013 et nous défendons maintenant la mise en place rapide d’un second axe en discutant efficacement avec les élus. Nous informons la population par un bulletin, des conférences. La géographie est très sollicitée pour le choix du futur tracé. Cela m’occupe largement et me passionne.

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Le tramway de Tours au design particulier, dû à l’artiste Daniel Buren, qui a réalisé tout au long de la ligne diverses œuvres décoratives comme ces totems Place de la Tranchée. Cliché J.-F. Troin, 2013

Par ailleurs, j’ai depuis mon départ en retraite organisé des voyages pour des groupes culturels au Maroc, à Berlin, en Slovénie, au Pérou. Peu à peu, l’âge me contraint à ralentir voire arrêter ces déplacements qui étaient un véritable prolongement de mes enseignements et sorties de terrain lorsque j’enseignais. Et nombre de participants découvraient alors la face cachée de la géographie.

Aussi ai-je consacré le dernier chapitre de mon livre Carnets de géographie anecdotique à une explication du fonctionnement de la géographie dans l’enseignement supérieur (surtout dans le domaine de la recherche). Intitulé Les géographes sont-ils des discrets ?, il vise à détailler pour le grand public la stratification de la recherche géographique en utilisant l’image d’un temple aux colonnes descendantes. Ainsi, les activités et moyens des chercheurs géographes seront-ils, j’ose l’espérer, plus compréhensibles pour nos compatriotes. Ces différentes structures s’étagent depuis le ministère de tutelle jusqu’à la base (grand public) en passant par les niveaux de la géographie institutionnelle, puis de la géographie de vulgarisation, pour aboutir aux groupes d’échanges innovants qui se développent fortement de nos jours. Ces jeunes groupes ou équipes animent une géographie que j’appelle « effervescente » et qui est probablement l’amorce de la géographie de demain.

Et pour résumer tout cela, je souhaiterais que le grand public découvre au-delà des apprentissages scolaires l’utilité de la géographie pour les décideurs publics et privés qui agissent sur l’aménagement et l’environnement. De plus, j’aimerais qu’il réalise combien par ses méthodes, son contact avec le terrain, sa convivialité et sa créativité la géographie n’est plus du tout une matière ennuyeuse mais une science « joyeuse ».

 

Mars 2019

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