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En chute libre

Dénommées « catarates » en espagnol, les chutes du rio Iguazù sont transfrontalières de l’Argentine et du Brésil, et pour leur majeure partie situées en Argentine.

Nous arrivons à l’aéroport d’Iguazù par un vol depuis Buenos Aires et quelques instants plus tard nous voilà plongés (et le mot est faible) dans une ambiance tropicale, humide, verte, aquatique et végétale.

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La forêt dont la strate supérieure « tutoie » les nuages, est un enchevêtrement inextricable de troncs, lianes, épiphytes sonorisé par des cris d’oiseaux exotiques («  tiens ! voilà un toucan qui nous coupe le chemin »), les acrobaties et autres jeux espiègles des singes capucins, des coatis chapardeurs et de bien d’autres animaux que nous ne verrons pas car nous n’avons pas les mêmes horaires de sortie.

Un petit train assure les déplacements vers les sites principaux. Le parcours pédestre dure environ 6 heures, entre le bas des chutes, la mi-hauteur et le sommet. Les passerelles aménagées le long des chutes jouent avec le vide et vous saisissent d’émotion, voire d’incrédulité. Les cataractes défient les lois de l’équilibre : il faut imaginer de gigantesque marches d’un escalier de basalte, de 70 mètres de hauteur, coupées de contre marches, parois de verticalité parfaite, tapissées de végétation et battues par des tonnes de flotte qui s’abattent au pied des parois dans un fracas indescriptible.

Les chutes tombent (comme leur nom l’indique) lourdement et brutalement, comme d’épaisses tentures liquides, brodées de longues herbes et de mousses arrachées à la falaise de basalte. Parfois, comme une dentelle aquatique, on peut voir des milliards de gouttes d’eau jaillissant vers le soleil avant de rejoindre leurs semblables projetées dans le rio, en bas…

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Marches et contremarches de basalte créent une double chute

Des chemins de bois et de métal acheminent les touristes à pied d’œuvre.  Pied d’œuvre ? La « garganta del diablo «  (gorge du diable) où se fracassent des milliards de gouttelettes dans un bruit assourdissant et envoûtant. L’ensemble des cataractes, étirées sur 2 700 mètres, offrent un spectacle dantesque, embrumé et terrifiant quand nous circulons tout en haut de la falaise de 70 à 80  m de haut. D’un côté, la vue se perd dans le calme des bras du rio Iguazù , à peine troublés par un dédale de rochers tranquilles, de l’autre, c’est l’enfer, la chute, incontrôlable. Quant aux chutes « salto Dos Hermanas » (les deux sœurs), elles se jettent d’un commun accord, côte à côte, dans un tourbillon insensé. Un arc-en-ciel se déploie en fin de journée sur le salto Bosseti face à l’Isla San Martin. Irréel dans la nébulosité des chutes. Tout cela fait un peu désordre mais entre la forêt, l’eau, la pierre et le rouge latéritique du chemin, nous évoluons dans un formidable décor de film d’aventure en 4D.

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Après 6 heures de marche entre vertiges et tourbillons…Une journée de pur bonheur, « comme un long fleuve tranquille »

Le parcours se termine ensuite avec la visite du site des « Tres fronteras », à la confluence entre le rio Iguazù et le rio Paraguay, où se rencontrent les frontières de 3 états : l’Argentine (au premier plan), le Brésil (en face) et le Paraguay, pays enclavé, (sur la gauche).

Le long des deux cours  d’eau, ici assagis, circulent des embarcations chargées de produits «illicites. Du Paraguay proviennent des « marchandises » à hauts risques : narcotrafic et transport d’armes, en particulier.

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