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Paula Vasquez Lezama : « Le marasme au Venezuela s’explique par l’échec d’un modèle politique, mais aussi par l’incapacité du pouvoir à gérer la crise »

Le Venezuela ne cesse de s’enfoncer dans la crise. Crise politique pour un gouvernement aux abois, crise économique sans précédent pour l’une des plus grandes puissances pétrolières mondiales, crise sociale pour une population frappée de plein fouet par le manque et les pénuries. L’anthropologue Paula Vasquez Lezama, chargée de recherche au CNRS/LADEC- Ecole Normale de Lyon, nous explique comment un pays pourtant prospère en est arrivé à se retrouver au bord du gouffre.

 

Dès son élection en 2013, Nicolas Maduro a concentré les critiques de l’opposition. La situation chaotique que connaît aujourd’hui le Venezuela s’explique-t-elle par une transition post-Chavez mal menée ou trouve-t-elle au contraire ses origines dans la présidence chaviste ?

 

Rappelons brièvement quelques éléments : le 14 avril 2013 Nicolas Maduro, désigné par Hugo Chávez comme son successeur, gagne les élections face à Henrique Capriles avec une différence minime. Depuis décembre 2015, le Venezuela est englué dans une crise politique : l’opposition a remporté la majorité des sièges à l’Assemblée nationale et le gouvernement de Nicolas Maduro est allé jusqu’à suspendre les prérogatives du Parlement pour instaurer une assemblée constituante dont la convocation n’a pas été, au préalable, validée par voie électorale.

De fait, la situation chaotique que connaît aujourd’hui le Venezuela consacre l’effondrement du modèle socio-économique et politique instauré par la « révolution bolivarienne » d’Hugo Chávez depuis 1998. Le marasme actuel s’explique donc à la fois par l’échec d’un modèle politique, mais aussi par la profonde incapacité de l’élite politique au pouvoir à prévoir ou au moins gérer la crise autrement. Sa gestion fait des ravages dans tous les secteurs de la société.

En 2003, le gouvernement d’Hugo Chávez crée une administration chargée de contrôler les prix et les importations d’un pays dont l’économie repose sur l’exportation du pétrole. Au fil des années, cette bureaucratie a donné lieu à une série de pratiques incitant hauts fonctionnaires et sous-traitants à la corruption et au détournement de fonds publics, notamment par l’octroi de devises à différents taux de change [1]. La Banque centrale vénézuélienne a ainsi mis en place, ces quinze dernières années, trente-cinq conventions de change avec des taux différents. Ces décisions, loin d’éviter la fuite de capitaux, ont au contraire promu la création d’entreprises fantômes, souvent basées à l’étranger, comme le montre le dossier des Panama papers consacré au Venezuela [2]. Ces entreprises se sont ainsi enrichies en bénéficiant de taux de change préférentiels pour importer les denrées nécessaires à la population, taux de change qui leur ont permis de dégager des marges faramineuses.

Dans le même temps, le Venezuela est devenu un pays importateur qui, très souvent, ne règle pas les commandes qu’il passe aux fournisseurs étrangers ou laisse pourrir dans des containers en souffrance dans les ports, des tonnes de nourriture. Lors de mon travail de doctorat en 2005, j’avais déjà vu des signes avant-coureurs préoccupants : des containers fantômes avec de la nourriture importée ne cessaient de proliférer aux alentours des ports vénézuéliens [3]. Ces choix ont fragilisé l’accès à la nourriture, renforcés en cela par une politique d’expropriation de fermes et de terres agricoles, souvent productives, sans véritable volonté d’élaborer un modèle de production agricole alternatif performant.

La mauvaise gestion et la centralisation totale et corrompue de l’importation expliquent les ruptures d’apprivoisement actuelles et les pénuries de tous les produits indispensables à la survie de la population : nourriture, médicaments, pièces détachées, mais aussi coupures récurrentes d’eau, d’électricité, etc. La corruption se comptait en millions de dollars avant 1998. Aujourd’hui elle se compte en milliards de milliards, comme l’a dénoncé la procureure en fuite, Luisa Ortega Diaz, lors de la conférence des procureurs sud-américains, le 24 août au Brésil.

Un tel système a aussi de profondes conséquences sociologiques puisqu’il a consacré l’émergence d’une « bolibourgeoisie », un groupe social très lié au gouvernement d’Hugo Chavez et de Nicolas Maduro, qui a su tirer parti de ces relations financières et économiques avec les institutions gouvernementales.

 

Le terme d’opposition est en permanence employé pour désigner le mouvement de contestation au gouvernement. Cette terminologie, somme toute assez vague, désigne-elle un mouvement homogène ou masque-t-elle, au contraire, une diversité de sensibilités politiques et de revendications ?

 

Pour comprendre la situation à laquelle nous sommes aujourd’hui confrontés, il me semble tout d’abord essentiel de considérer l’état de la société et du lien social au Venezuela. L’action collective, dans la conjoncture actuelle du pays, vit une course contre le temps. Le gouvernement met en place une stratégie de contrôle total de la société par quatre voies :

  • le durcissement de la législation pour limiter les moyens et le rayonnement des actions de toute organisation indépendante ;
  • l’utilisation de cette même législation par décret destinée à intimider et persécuter les organisations ;
  • les campagnes, très fortes, de discrédit et de diffamation pour les présenter comme des espions étrangers ;
  • l’action de groupes paramilitaires – les colectivos – qui mènent des actions d’intimidation.

Ces colectivos sont au départ des organisations communautaires partisanes issues du socialisme chaviste et de la révolution bolivarienne qui organisaient la vie de la communauté à travers des événements culturels, du soutien scolaire, etc. Cependant, une part importante de leurs membres s’est progressivement radicalisée dans toutes les régions du pays, si bien que le terme de colectivos est devenu synonyme de groupes paramilitaires masqués, armés et se déplaçant en motos, qui harcèlent et agressent en toute impunité les opposants au gouvernement vénézuélien. Ils sont désormais qualifiés de « bras armé du gouvernement et de la révolution bolivarienne » : le gouvernement leur fournit armes, motos, équipements de communication et systèmes de surveillance pour contrôler certaines zones de Caracas et intervenir lors des manifestations de l’opposition. On comprend alors mieux ce que recouvre l’expression « autoritarisme électoral », valable jusqu’à l’instauration de la Constituante décidée par Maduro au début du mois d’août 2017 et qui marque la fin du système démocratique. Le gouvernement a en effet déployé des niveaux de violence politique jusqu’alors inconnus : en revêtant l’uniforme militaire, Maduro assume ouvertement son choix de devenir une dictature civile et militaire.

Sur le plan institutionnel, la Mesa de la Unidad Democratica (MUD), une coalition de partis politiques, regroupe des tendances très diverses. Si elle a obtenu une victoire très importante lors des élections législatives de décembre 2015, elle doit aujourd’hui, face à l’incertitude orchestrée de manière délibérée, redéfinir son horizon stratégique. Remarquons d’ailleurs que la composition et les valeurs portées par la MUD diffèrent énormément de celles de l’opposition maladroite qui a soutenu le coup d’état manqué contre Chavez en avril 2002 : c’est justement l’opposition qui défend aujourd’hui la Constitution dite « bolivarienne » de 1999, issue de la Constituante convoquée par Chavez. Il ne me semble pas que cela soit de l’opportunisme, la Constitution de 1999 permet plutôt de poser les bases d’un régime démocratique. Certes, les groupes d’opposition sont idéologiquement hétéroclites (centre, centre gauche, secteurs conservateurs). Toutefois, contrairement à certaines affirmations européo-centrées, l’idéologie d’extrême droite, bien que présente dans la société vénézuélienne, n’est ici jamais mobilisée, car tout simplement absente du paysage politique vénézuélien.

Sur le terrain, le mouvement de « résistance », si visible dans les médias du monde entier, avec des milliers des personnes manifestant massivement jusqu’à deux fois par semaine, est apparu suite à la décision de jouer la carte insurrectionnelle, celle de « la rue », comme on dit au Venezuela. Le tribut à payer a été toutefois été énorme et l’effort s’est érodé face à la violence de la répression. La décision de la MUD de se tourner vers d’autres moyens d’opposition a laissé dans la population sortie manifester dans les rues un amer sentiment d’abandon. Un tel changement de stratégie est compréhensible : la MUD n’est pas un mouvement armé, les parlementaires, élus mais désormais dépourvus de leurs sièges, ne sont pas des guerrilleros. Ils ont travaillé plus d’un an sans salaire. Lors de mon dernier séjour à Caracas, j’ai pu visiter leurs locaux : le gouvernement a coupé l’eau courante, l’électricité et tout financement pour acheter des fournitures de travail. Et, aujourd’hui 30 août 2017, Delcy Rodriguez, présidente de la Constituante, annonce qu’ils seront jugés pour avoir commis des délits de trahison à la patrie. Beaucoup d’entre eux se sont d’ailleurs vu confisquer leur passeport au guichet de l’aéroport de Caracas.

 

Pourquoi le Venezuela n’a pas, à l’image d’autres pays pétroliers, décidé d’utiliser l’argent de la rente pétrolière pour justement diversifier ses sources de revenus ?

 

Au contraire ! Jusqu’à l’arrivée d’Hugo Chavez au pouvoir, la stratégie du pays consistait justement à utiliser les revenus pétroliers pour consolider une économie non-pétrolière. Il y a quelques années à Caracas, un économiste spécialiste de la question pétrolière, assez objectif et peu passionné par la politique, me faisait remarquer que « Chavez arrive au pouvoir sans savoir quoi faire du pétrole ».  Il est vrai qu’il avait alors peu de souci à se faire : son projet politique prenait place dans un contexte économique très favorable à l’Etat vénézuélien, qui vivait avant tout de la rente pétrolière [4]. Pendant cinq années consécutives le prix du pétrole a avoisiné les 100$ le baril : une telle conjoncture économique mondiale favorable a renforcé l’illusion de surpuissance, le revenu pétrolier octroyant à l’État vénézuélien un immense pouvoir d’ingérence dans tous les secteurs de l’Etat.

Au Venezuela, le point de départ de tout projet politique national est, a été, et sera la manière dont sont utilisés les revenus du pétrole (création de nouveaux marchés, augmentation des salaires des fonctionnaires publics, financements du secteur privé, etc.). Depuis la fin de la dictature du General Juan Vicente Gomez en 1936, moment où se consolide la production avec la présence des majors, l’histoire économique, politique et sociale contemporaine du Venezuela est intimement liée à son histoire pétrolière.

La question de l’utilisation de la rente pétrolière et, par extension, des tentatives de l’Etat pour obtenir des prix élevés sur les marchés mondiaux est ancienne et s’est transformée, au fil des années, tout à la fois une « cause populaire » et la cause des « pays non alignés » et fournisseurs d’énergie. Juan Pablo Pérez Alfonzo [5] (1903-1979) est le premier vénézuélien à devenir une référence internationale pour les pays pétroliers du Sud dans le contexte de la Guerre froide. Il établit, en tant que ministre de l’Economie du gouvernement de Rómulo Gallegos entre 1945 et 1948, les bases d’une politique radicale réduisant le nombre de concessions pétrolières. Cette formule marque l’histoire pétrolière mondiale – l’OPEP a été conçue par Pérez Alfonzo – car elle relève d’une posture politique nouvelle visant à réguler la production pour mieux contrôler les prix du pétrole [6]. Dans ce moment historique de crise économique mondiale au début des années soixante-dix, le rôle du Venezuela a été souligné comme étant précurseur des forums internationaux destinés à remettre en cause la subordination économique des pays qui dépendaient des exportations économiques vers les États-Unis.

Très tôt, certains économistes vénézuéliens ont toutefois considéré la dépendance au pétrole comme destructrice, car agissant au détriment des autres activités économiques. Leurs travaux montraient qu’un capitalisme rentier permettait, certes, le développement d’une structure économique apte à déclencher un processus accéléré d’accumulation de capital et donc d’apporter de considérables bénéfices financiers à l’État, mais que, sur le long terme, il se révélait finalement contre-productif. La doctrine du « semer le pétrole », dominante à partir des années 50 et clé de voûte de l’industrialisation et du développement de l’industrie agroalimentaire, encouragea donc la répartition du revenu pétrolier vers d’autres secteurs de l’économie, rempart économique et moral à une trop forte dépendance qui amènerait inéluctablement le pays au « parasitisme » et à la corruption. Malgré cette volonté de diversification économique, l’attention portée au développement de l’industrie pétrolière avait déjà consacré, depuis plusieurs décennies, l’abandon de l’économie agricole, notamment celle du café et du cacao, qui donna lieu à des mouvements migratoires massifs des campagnes vers les villes et les camps pétroliers où les ouvriers étaient mieux rémunérés [7]. La mutation de la société rurale en société urbaine s’avéra particulièrement brutale.

Ainsi, considérant les ressources pétrolières comme une manne quasi-illimitée, les années 1970 virent l’Etat investir de manière démesurée, en même temps que les institutions et les entreprises privées solliciter des crédits internationaux : banques internationales et organismes multilatéraux octroyaient alors ces crédits à des taux qui leur étaient très favorables, car prêter de l’argent à l’insoucieux État vénézuélien lors du boom promettait de se révéler une affaire particulièrement juteuse. Au cours du « festin du pétrole » entre 1974 et 1976, l’accumulation de la dette ainsi que la consommation compulsive de cette richesse passèrent inaperçues, alors que les autres secteurs de l’économie, en particulier celui de l’industrie agroalimentaire [8], fonctionnaient quant à eux correctement. Un aveuglement d’autant plus regrettable que le Venezuela bénéficia de nombreuses politiques de soutien à l’investissement dans le « développement national » dans les années 60 et 70. Le premier gouvernement de Pérez mit notamment en place une politique agressive de formation des « professionnels du pétrole », des ingénieurs pétrochimistes pour la plupart, qui deviendront des cadres de l’industrie nationale. Il se démarqua ainsi des autres pays membres de l’OPEP qui, même en nationalisant leurs industries, continuèrent à engager des professionnels étrangers [9].

Pourquoi assista-t-on alors à un effondrement du système ? Entre 1961 et la fin des années 1980, les dépenses publiques relevaient des orientations politiques classiques de l’État Providence, reposant sur des actions dites « sectorielles » (santé, logement, sécurité sociale et éducation). Un système centralisé qui masquait pourtant, à l’échelle locale, les « faveurs » accordées par les médiateurs des institutions à certaines personnes : un emploi dans l’appareil de l’État, l’accès aux bénéfices de l’assistance, etc., l’abondance étant fondamentalement perçue comme « publique ». Bénéficiant à plein de cette rente, les élites de cet Etat Providence s’enrichirent progressivement pour se retrouver déconnectés des couches les moins favorisées de la société : cette situation explique les émeutes de 1989, connues sous le nom du Caracazo  et le coup d’état manqué du lieutenant-colonel Hugo Chavez en 1992 contre Carlos Andrés Pérez.

 

Comment expliquer que, malgré l’impopularité de Nicolas Maduro, l’armée continue à lui accorder son soutien ?

 

Voilà l’énigme. Impossible de savoir les raisons internes de cette posture. La censure est totale. La répression trop forte. Pour ne donner qu’un exemple de l’hermétisme et des conséquences pour ceux qui manifestent, le General Raul Isaias Baduel, soutien crucial de Chavez au sein des forces armées, à qui on doit sa restitution lors du coup d’état de 2002, a lui aussi été accusé de trahison à la patrie il y a deux ans. Jusqu’alors assigné à résidence, la police politique l’a déplacé au début du mois d’août 2017 dans un endroit secret. Il est aujourd’hui porté disparu par sa famille.

Un tel exemple témoigne de tensions internes au pouvoir. Sans médias, il devient très difficile de savoir ce qui se passe. Les forces armées sont devenues une sorte d’arbitre-fantôme de ce conflit. La MUD les appelle à faire respecter la Constitution de 1999. En ce qui me concerne, une « solution militaire » me fait peur : il serait préférable de redonner de l’importance aux pouvoirs publics et se porter garant de leur séparation par la voie électorale.

 

L’un des problèmes auquel est confronté le Venezuela est aussi celui de la criminalité sans cesse grandissante. Dans un article publié en 2014 avec David Weinberger, vous avancez l’idée que cette augmentation de la violence est étroitement liée à la crise institutionnelle que connaît actuellement le pays. Comment ces deux éléments sont-ils liés ?

 

La question de la justice est le cœur du problème. Le gouvernement l’a bien compris qui entremêle dans ses discours les dimensions juridique, morale et sociale de la notion de justice. Sur le terrain, on assiste à une profonde corruption de l’administration judiciaire. La procureure Luisa Ortega Diaz, pourtant issue du chavisme et destituée de manière illégale par Maduro, ne cesse de la dénoncer.

Par ailleurs, on assiste aujourd’hui à une véritable banalisation de la violence : les lynchages prolifèrent dans des villes vénézuéliennes où une partie toujours plus importante de la population est armée. La détention illégale d’armes à feu et la circulation frauduleuse des munitions [10] expliquent l’explosion du taux de létalité des actes criminels. Cette criminalité a d’ailleurs des conséquences démographiques profondes : les Vénézuéliens, les jeunes tout particulièrement, émigrent souvent après avoir vécu l’assassinat d’un proche, un vol à main armé, un braquage violent, qui a mal tourné…

 


[1] Ceux-ci sont connus des Vénézuéliens par leurs sigles dans le système bancaire (CADIVI, Sicad, Cencoex, Dicom, etc.).

[2] http://panamapapersvenezuela.com/tag/armando-info/ (consulté le 30 aout 2016).

[3] Entre 2005 et 2008, la compagnie pétrolière nationale (PDVSA) a créé des entreprises filiales pour importer de la nourriture depuis divers pays de l’Amérique latine, où les gouvernements avaient des partenariats commerciaux avec le Venezuela (l’Argentine, l’Uruguay). Bénéficiant des devises octroyées par la Banque Centrale à des taux très favorables, ces entreprises (PDVAL, Bariven, parmi d’autres) ont mis en place des mécanismes de corruption extrêmement lucratifs. C’est en toute impunité qu’ils ont perdurées au détriment de la sécurité alimentaire de la population vénézuélienne, et ce malgré les nombreux articles à charge parus dans la presse vénézuélienne (http://elestimulo.com/blog/7-anos-de-pdval-a-pudreval-y-nadie-preso/)

[4] L’économie politique du capitalisme rentier pétrolier vénézuélien est analysée en profondeur par les économistes : Baptista, Asdrúbal et Bernardo Mommer (1992). El petróleo en el pensamiento económico venezolano. Caracas: Ediciones IESA. Et traitée d’un point de vue socio-anthropologique par Coronil, Fernando. 1997. The Magical State. Nature, Money, and Modernity in Venezuela. Chicago: The University of Chicago Press.

[5] Lors du coup d’État de Pérez Jiménez contre le gouvernement de Rómulo Gallegos en 1948, Perez Alfonzo a été incarcéré pendant sept mois puis expulsé du pays, accusé d’appartenance communiste. Il vécut en exil jusqu’à la fin de la dictature de Perez Jiménez, en 1958 et revint au gouvernement pendant les années soixante.

[6] Pendant les années soixante, le gouvernement vénézuélien a poursuivi la politique économique pétrolière de réduction des concessions. En septembre 1960, Juan Pablo Pérez Alfonzo jeta les bases de l’OPEP en accord avec les ministres d’Arabie Saoudite, d’Irak, d’Iran et du Koweït et a été mondialement reconnu comme le précurseur de la lutte des pays pétroliers contre les intérêts des compagnies transnationales. Cette initiative de l’OPEP fut ainsi l’une des premières réactions de mise en cause de l’ordre international. Dans un documentaire diffusé sur la chaîne française TV5, on lui donnait le nom de « gentleman guérillero ». La création de l’OPEP a en effet promu le Venezuela au rang de leader des causes des pays dits du Tiers Monde, et en particulier de ceux producteurs de pétrole.

[7] En 1971, 10,7 millions d’habitants, soit 74,4 %, habitaient dans les villes, et en 1975 ce taux atteignait 80 %, soit 12 millions d’habitants.

[8] Le Venezuela exportait, par exemple, des produits agroalimentaires aux Antilles françaises, comme du poulet et de la viande.

[9] A ce titre, il est faux de dire que Chavez a nationalisé le pétrole : il a mis fin à certains joint ventures accordés dans les années 90 à des majors nord-américaines pour en faire bénéficier d’autres, en particulier, chinoises et russes.

[10] Le détournement des armes appartenant aux Forces armées et aux corps de sécurité est une réalité incontestable au Venezuela.

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