Rodolphe de Koninck : « La géographie est non seulement la description de l’écoumène, mais aussi sa critique constructive »

Rodolphe de Koninck est la figure même du géographe voyageur. De son Québec natal aux pays du Sud-Est asiatique en passant par l’Afrique, son parcours d’homme et de géographe l’a amené à sillonner un monde qui, depuis son enfance, « lui fait de l’oeil ». Aujourd’hui professeur de géographie à l’Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en études asiatiques, il revient avec nous sur son parcours, sur ce qu’est la géographie et le rôle que peuvent jouer les géographes dans la compréhension de notre monde.

 


efsdgsdgfdComment avez-vous découvert la géographie?

 

La découverte s’est réalisée d’abord en milieu familial, parmi les nombreux livres assemblés dans la bibliothèque de mon père, professeur de philosophie à l’Université Laval à Québec. Cette bibliothèque est progressivement devenue celle de nous tous, ses onze enfants. La découverte a aussi été alimentée par ces nombreux amis de mes parents qui nous rendaient visite, plusieurs séjournant dans notre grande maison située au cœur du Vieux-Québec. Parmi ces amis étrangers, se trouvaient des Européens, notamment des Belges, Français, Espagnols et Autrichiens, mais aussi des Américains et des Argentins. Alors que j’étais encore jeune adolescent, quatre, parmi ceux dont les récits de voyage me fascinaient le plus et qui prenaient plaisir à répondre à mes nombreuses questions, me reviennent souvent en mémoire. Il s’agit tout d’abord de mon parrain, l’archiduc Rodolphe d’Autriche, lequel avait vécu dans plusieurs pays, notamment au Congo belge : ses récits de chasse me passionnaient. Je l’ai par la suite revu à de nombreuses occasions, tant à Québec qu’en Europe. Il y eut également deux étudiants universitaires argentins, fils d’un grand ami de collège de mon père, comme lui Flamand d’origine. Enfin, je me souviens de cet autre ami de collège de mon père, un missionnaire vivant aux Philippines parmi les Igorots de la Cordillère de Luçon : merveilleux conteur, il faisait forte impression sur moi à chacun de ses séjours.

Je me rappelle aussi du passage à la maison du géographe Pierre Deffontaines, vers 1960, époque où j’envisageais la possibilité de poursuivre des études supérieures de géographie. Deffontaines m’avait fortement conseillé de choisir l’Université de Bordeaux. Mais, bien avant que je ne reçoive ce conseil, c’est par la lecture et les voyages que j’avais approfondi mon intérêt pour la géographie. Parmi les auteurs m’ayant fait découvrir le monde, et surtout rêver de le découvrir par moi-même, il faut compter Anthony Burgess, Joseph Conrad, James Oliver Curwood, Ernest Hemingway, Joseph Kessel, Jack London, Somerset Maugham, Henri de Monfreid, Alan Morehead, Farley Mowat, Antoine de Saint-Exupéry, Jules Verne et de multiples autres ! J’avais une attirance particulière tant pour le Grand Nord que pour les pays tropicaux, surtout africains, même si, à vrai dire, c’est la terre entière qui me faisait de l’œil !

Dès mon adolescence, je me lançai dans les grands voyages. Pendant l’été de 1958, alors que je n’avais que 15 ans, je me rendis en Californie y travailler comme maître-nageur dans une colonie de vacances située dans les collines de l’arrière-pays de Berkeley. Cette expérience très enrichissante fut répétée en 1959 et 1960. Puis, en 1961, en compagnie de quatre amis, j’effectuai un circuit de 50 jours à travers le Canada et les États-Unis. Dès l’été suivant, alors que je venais tout juste de compléter mes études pré-universitaires à Québec, ma passion pour la découverte par le voyage fut aiguillonnée par un autre long périple. D’une durée de 70 jours, celui-là m’amena à parcourir, essentiellement en train, une quinzaine de pays européens, en particulier la France, la Belgique, l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie. Certes rapide et superficielle, cette tournée ne fit qu’accroître ma passion pour la géographie. Elle fut définitivement confirmée alors que, de septembre 1962 à septembre 1963, je me rendis l’enseigner en Ouganda, dans un collège pré-universitaire. Celui-ci était situé à Fort Portal, au pied des Ruwenzori, les Montagnes de la lune des Anciens. C’est sans doute au cours de cette année d’enseignement et d’études que j’ai le plus appris de toute ma vie. Je n’avais pas le choix et d’ailleurs ce choix me séduisit (cf. mon Profession géographe, Montréal, 2008). À un point tel qu’en octobre 1963, j’entamai enfin mon cursus universitaire de géographe à l’Université de Bordeaux !

 

Quels sont vos domaines et terrains de recherche? Pourquoi vous être tourné vers eux?

 

Pendant cette année ougandaise, à chaque weekend, à chaque période de vacances, j’en ai profité pour effectuer des virées, généralement en Land Rover avec un autre jeune professeur du collège, ou sur ma lourde moto de brousse, tant à l’intérieur du pays que dans les pays voisins: Congo, Rwanda, Burundi, Kenya, Tanganyika et Nyassaland (Tanzanie et Malawi d’aujourd’hui). Au-delà de la découverte et de l’aventure – et celle-ci fut souvent au rendez-vous ! – des questions s’ancraient dans mon esprit. Pourquoi tant de pauvreté ? Pourquoi tant de pauvreté paysanne ? Pourquoi tant de gens qui s’activent à faire produire la terre ont-ils insuffisamment à manger ?

Au terme de mes études de licence à l’Université de Bordeaux, de celles de maitrise à l’Université Laval, puis de doctorat à l’Université de Singapour, ce sont ces questions apparemment banales mais pourtant fondamentales qui ont largement orienté les travaux de recherche que j’ai menés depuis 1970. Relevant de ce que j’appellerais sans complexe la géographie agraire, ces recherches, menées surtout en Asie du Sud-Est, ont porté en priorité sur les enjeux de la révolution verte, donc sur l’intensification agricole, puis sur ceux de l’expansion des cultures, c’est-à-dire leur extensification, enfin sur la déforestation, toutes choses qui m’ont amené à élargir la perspective. C’est ainsi que, depuis une bonne quarantaine d’années, j’ai surtout écrit sur l’ensemble des enjeux qui relèvent de la transition agraire et du rôle essentiel que joue dans cette affaire la relation État-paysans et de ce que je qualifie de compromis territorial. À cette fin, j’ai mené de multiples campagnes d’enquêtes de terrain à travers le Sud-Est asiatique, tout particulièrement en Malaisie, en Indonésie et au Vietnam, les recherches de mes nombreux thésards, conduites dans presque tous les pays de la région, ayant permis d’élargir encore plus ma perspective.

Terminée et soutenue en 1970, ma thèse de doctorat avait porté sur la banlieue maraîchère de Singapour. Au cours des décennies qui suivirent, alors que l’agriculture était presque totalement évacuée de la Cité-État et que mes horizons agraires, si je puis dire, s’élargissaient à l’ensemble du Sud-Est asiatique, j’ai continué à me rendre à Singapour et à y séjourner, presque sur une base annuelle. Ce faisant, je n’ai pas pu ne pas remarquer le caractère incessant des bouleversements territoriaux. J’ai donc décidé de m’y intéresser activement en menant des recherches sur les véritables fondements de la révolution permanente du territoire, y consacrant quatre livres depuis 1992. Le dernier sera publié dans quelques mois, à Singapour même, par National University of Singapore Press.

 

Pour vous, comment « fait-on » de la géographie ?

 

À mes yeux, pour « faire » de la géographie, il faut voyager, beaucoup voyager. Cela signifie lire, avidement, mais aussi aller voir, circuler, observer, mesurer si nécessaire, questionner, bref faire du terrain. Je reconnais qu’il est possible de se contenter de la lecture, de se limiter à lire ce que d’autres ont écrit. De nombreux géographes, par ailleurs souvent excellents, ne font pas vraiment beaucoup de terrain ou, après y avoir fait leurs premières armes, se retirent dans leurs bibliothèques. Cela n’est pas rare non plus parmi les adeptes de bien des disciplines, dont l’ethnologie ! Mais, pour ma part, même si je respecte cette pratique casanière, elle me reste étrangère ; j’ai besoin de voir par mes propres yeux, de comparer avec ce que j’ai vu ailleurs, autrement, y compris dans les livres, i.e. par personnes interposées.

À cet égard, me revient périodiquement en mémoire, l’émerveillement que j’ai ressenti pendant mes études de licence en géographie à Bordeaux, à l’occasion des excursions menées en compagnie de nos professeurs. C’est là que les meilleurs parmi ceux-ci devenaient meilleurs encore. C’était le cas en particulier de Pierre Barrère et plus encore d’Henri Enjalbert. Bien campé sur ses courtes jambes, habituellement dans un emplacement assurant une vue panoramique sur un vaste paysage, au milieu duquel pouvait se trouver un coteau viticole, il décortiquait soigneusement ledit paysage. Sourire en coin, de sa voix quelque peu rocailleuse et avec son fort accent auvergnat il en dressait bien sûr la genèse et en faisait l’éloge, nous amenant fréquemment vers l’un de ses thèmes préférés, celui de la supériorité, bien sentie et bien dégustée, de la civilisation de la viticulture, de préférence française ! Mais aussi, beaucoup plus que l’on ne pourrait le penser, il lui arrivait de réaliser une critique sévère des failles perceptibles dans l’aménagement du territoire. De 1963 à 1965, Henri Enjalbert fut le premier à me démontrer la validité de ce que je percevais déjà, encore que confusément, à savoir l’immense pouvoir explicatif de la géographie tout comme son incontournable et irremplaçable pouvoir critique. Depuis lors, cette conviction n’a cessé de se consolider : plus que celle de n’importe quelle autre discipline, l’observation géographique peut et doit mener à une analyse critique de notre façon d’habiter la terre. Faire de la géographie, c’est donc faire non seulement la description élogieuse de ce qu’autrefois nous appelions l’écoumène, mais aussi, de plus en plus, sa critique constructive !

Bien évidemment, pour faire de la géographie, il est très utile, même fortement conseillé, de l’enseigner et de le faire avec détermination et enthousiasme ! Notamment pour démontrer ce qui précède, à savoir la merveilleuse pertinence, la pertinence citoyenne et émancipatrice du savoir géographique. Toutes choses qui passent enfin par les publications destinées tant aux géographes qu’à ceux qui s’intéressent à cette discipline et à tous ceux, innombrables, qui auraient intérêt à la découvrir, que dis-je, la redécouvrir !

 

Quels textes, auteurs, ont influencé vos travaux et comment ?

 

Quand, le 2 septembre 1962, je suis arrivé à l’aéroport d’Entebbe, je n’avais pour tout bagage qu’un modeste sac à dos. Dans celui-ci, ce qui pesait le plus étaient deux livres : le Traité de géographie physique d’Emmanuel De Martonne et Principes de géographie humaine d’Henri Vidal de la Blache. Ces deux classiques de la géographie française me furent très utiles pour la préparation des premiers cours que j’ai eu à offrir aux étudiants du St Leo’s College de Fort Portal. Et bien que j’aie rapidement puisé dans bien d’autres sources acquises à Kampala, telles les œuvres de Frank Monkhouse et d’Alan H. Strahler, je dois reconnaître que, pendant quelques années, De Martonne et Vidal demeurèrent de fidèles compagnons, fournissant tout à la fois un cadre et un élan à ma poursuite de la connaissance géographique.

Par la suite, pendant mes études universitaires, deux livres de Rachel Carson, The Sea Around Us (1951) et Silent Spring (1962), devenus des classiques de l’écologie et que je lus tous les deux en 1963, comptèrent beaucoup pour moi. Je puis en dire autant des travaux de Pierre Gourou, en particulier Les pays tropicaux (1947) que je lus pendant mes études de premier cycle à Bordeaux, donc à la même époque. Par la suite, j’ai fait bon usage, surtout pour mon enseignement, de la majorité des livres de Gourou, dont Les paysans du delta tonkinois (1936) et Riz et civilisation (1984), séduit par l’érudition et la clarté de ses propos, quoique parfois inquiet devant son déterminisme environnemental et son réductionnisme culturel, tout de même largement revus et corrigés dans ses ultimes travaux. Parmi les nombreux autres auteurs ayant écrit sur le Sud-Est Asiatique dont j’ai apprécié et utilisé les travaux, il faut compter, en particulier au cours des années 1960 et 1970, les géographes américains Carl Sauer, Joseph E. Spencer et Karl Pelzer, tout comme le géographe britannique Charles A. Fisher. Peu après, je découvris les travaux de Marx puis ceux de David Harvey. Dès la première lecture du Capital je compris l’extrême importance de l’analyse proposée par Marx du règne de la marchandise. Cette analyse m’apparaît toujours pertinente à la compréhension des dérives du néolibéralisme et de leur influence néfaste sur la planète et sa population.

S’agissant de l’Asie du Sud-Est, plusieurs des œuvres du politologue américain James C. Scott, à commencer par The Moral Economy of the Peasant (1976), malgré et peut-être aussi à cause de leur caractère controversé, m’ont été utiles tant pour la recherche que pour l’enseignement. J’y ajoute les travaux de l’historien français Denys Lombard, dont Le carrefour javanais (1990). Cette somme (3 volumes) m’apparaît comme un chef-d’œuvre, extrêmement utile à qui veut enseigner la géographie de l’Asie du Sud-Est. J’ajoute que les travaux de Gourou, Lombard et Scott ont en commun d’être admirablement bien écrits, ce qui compte beaucoup à mes yeux ! Enfin, parmi les géographes français m’ayant inspiré, je tiens à mentionner Élisée Reclus (plusieurs œuvres !), Yves Lacoste, en particulier La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre (1976), Paul Claval, La logique des villes (1981) et Roger Brunet, Le déchiffrement du monde (1990).

 

La géographie n’est guère aimée du grand public. Que suggérez-vous pour changer cette situation?

 

Il est vrai que la géographie n’est pas particulièrement populaire au sein du grand public, encore que cela varie considérablement à travers le monde. Chose certaine, bien d’autres disciplines, en particulier en sciences humaines, partagent cette relative impopularité. Plusieurs facteurs y contribuent et eux aussi varient selon les pays et en fonction des politiques de l’État à l’endroit de l’éducation. Ainsi, aux États-Unis où l’on compte un bon nombre d’excellents géographes, mais où la discipline est absente dans un grand nombre d’universités, l’inculture géographique est étonnamment répandue parmi la population. Déjà très forte dans ce pays, elle gagne du terrain presque partout ailleurs, la tendance à la spécialisation des connaissances ainsi que le culte de l’expert y étant certes pour quelque chose. Parce que d’abord un savoir holistique, la géographie en pâtit. Cela est d’autant plus regrettable qu’un tel savoir n’est pas incompatible avec le savoir spécialisé, « pointu ». Ce n’est pas parce que, marché du travail exige, il importe aux géographes, comme aux tenants de bien d’autres disciplines, de se faire valoir comme analyste chevronné de tel ou tel objet ou enjeu, qu’il leur faille renier l’immense pouvoir explicatif de la géographie comme discipline scientifique. Si on a pendant longtemps fait valoir la capacité des géographes à analyser et à expliquer les paysages, pourquoi ceux-ci se priveraient-ils de participer plus activement aux débats de société, en particulier ceux qui touchent de près ou de loin à notre façon de plus en plus périlleuse d’habiter la terre ? Pourquoi, sur le plan de ce que les modes nous ont amenés à qualifier d’enjeux écologiques, alors que ceux-ci sont plus fondamentalement des enjeux de société, d’écoumène, les géographes ne sont-ils pas plus entendus ?

Quoi qu’il en soit, il me semble indispensable que les géographes prennent plus souvent la parole, qu’ils se fassent lire et entendre sur diverses plateformes, à commencer dans la presse écrite et électronique. Il leur est possible de tenir un discours scientifique et accessible au grand public, précisément parce que la géographie possède un certain côté terre-à-terre, près des enjeux perceptibles dans la vie quotidienne. Elle est capable de répondre à de nombreuses questions que se posent les citoyens au sujet de ce monde qui change sans cesse autour d’eux. Et pour que les géographes soient prêts à prendre cette parole publique, à occuper la place qui leur revient dans les grands débats, il faut qu’ils s’y préparent à l’intérieur même de leurs institutions, en y maintenant une fierté dans la géographie elle-même et par leur façon de l’enseigner. Pour qu’ils y parviennent il leur faut éviter ce que j’appelle le syndrome d’Iznogoud, ce grand vizir – héros d’une série d’albums de bandes dessinées signée par René Goscinny et Jean Tabary – souhaitant avant tout être calife à la place du calife, trahissant ainsi son mandat public. Prendre la parole publiquement, soit, mais au nom d’une vision au moins quelque peu partagée, pas seulement personnelle !

 

Quels efforts accomplissez-vous personnellement dans cette direction ?

 

Il m’apparaît délicat de répondre à cette question, tant je crains que ma réponse puisse apparaître celle d’un Iznogoud ! Mais, peu importe, disons que dès les années 1980 j’ai pris conscience de l’importance de cette prise de parole publique, extra-muros. Il me semblait que l’enseignement universitaire devait déborder hors des campus, sans que soit reniée la responsabilité de la rigueur académique et scientifique. Dans mon cas, ce « débordement » se réalisa progressivement, par des entretiens avec des journalistes au sujet de divers enjeux, notamment sud-est asiatiques, touchant les domaines agricoles ou forestiers ou, carrément géopolitiques. Puis cela m’amena à me manifester directement dans la presse tant écrite qu’électronique. Il y eut notamment, à un moment où le point de vue d’un géographe s’avérait indispensable, deux séries de cinq entretiens distincts diffusés tant à la radio qu’à la télévision de Radio-Canada pendant la Guerre du Golfe (Tempête du désert) survenue au début de 1991. Radio-Canada publia une transcription intégrale des entretiens radiophoniques, sous le titre de De Babylone à Bagdad: les enjeux de la crise du Golfe. Je pense aussi à cet article, intitulé Timor oriental devant la conscience de l’humanité, publié sous un pseudonyme en décembre 1991 dans le quotidien montréalais Le Devoir.

À vrai dire, cette présence dans les médias s’était amplifiée dès le début de 1990, alors que fut lancée mon cours télévisuel intitulé Le Monde à la Carte. J’enseignais un tel cours en amphithéâtre depuis 1970, annuellement, et devant des auditoires composés d’étudiants inscrits tant en géographie que dans plusieurs autres disciplines. En 1989, j’acceptai la proposition de l’enregistrer en studio pour diffusion télévisuelle, en 13 leçons d’une heure. Une première version fut réalisée à l’automne 1989 et diffusée à compter de janvier 1990 sur deux chaînes. Une deuxième le fut à compter de 1996 et une troisième à compter de 2001. Au total, ce cours de niveau universitaire défila au petit écran à presque chaque trimestre à compter de janvier 1990, le trimestre d’été 2006 ayant représenté la dernière saison de diffusion. Au total, plus de 10 000 étudiants s’y sont officiellement inscrits et en ont complété les examens, alors que les cotes d’écoute, certes modestes, mais significatives pour un cours universitaire, dépassaient en moyenne 30 000 auditeurs. Enfin, entre avril 1996 et l’année 2000, la deuxième version fut relayée quatre fois à l’échelle mondiale, à partir de Paris, sur le réseau TV5 International.

Depuis, je suis intervenu plus d’une centaine de fois dans des émissions radiophoniques ou télévisuelles, généralement au sujet d’enjeux agricoles, forestiers ou, plus largement, environnementaux et géopolitiques. À chaque fois ou presque – y compris dans le cadre des quelque 200 conférences et exposés publics que j’ai présentés depuis 1970 – j’en ai profité pour souligner le pouvoir explicatif de la géographie. J’ajoute que, et cela mes collègues le savent bien, je me fais un devoir de rappeler sur toutes les tribunes combien il importe que les géographes contribuent au débat public.

 

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