Laurence Chesneau-Dupin : « La Cité du vin contribue à donner à Bordeaux un statut de « capitale culturelle » du vin

Quelle est la genèse de la nouvelle Cité du vin de Bordeaux ?

 

L’idée d’un lieu dédié au vin à Bordeaux a mis de longues années à se concrétiser. Il a fallu une véritable volonté politique portée par Alain Juppé en 2008, ainsi que l’énergie de Sylvie Cazes qui s’est emparée du projet pour qu’il démarre véritablement. Ensuite, tout est allé très vite puisqu’en moins de huit ans se sont succédés les études de concept et de faisabilité, l’écriture du projet scientifique et culturel, la rédaction du programme architectural et scénographique, le concours de maitrise d’œuvre, les travaux, la conception et la réalisation de la scénographie, ainsi que la création de la Fondation Pour la Culture et les Civilisations du Vin, reconnue d’utilité publique, qui exploite la Cité du Vin.

 

Quels sont les objectifs de la Cité du vin bordelaise et quelles sont ses spécificités par rapport à ses cousines étrangères ?

 

La Cité du Vin n’est pas seulement un grand équipement oenotouristique, elle aussi un véritable lieu culturel. Son périmètre est très vaste puisqu’elle considère le vin comme un patrimoine culturel universel. On y vient pour découvrir la grande histoire mondiale du vin, mais aussi pour rencontrer les hommes et les femmes du vin, pour s’y divertir ou pour apprendre.

Au-delà du parcours de visite immersif et des ateliers de dégustation oenoculturels, c’est un lieu de vie qui présente du spectacle vivant, de la musique, des moments littéraires, du cinéma, des débats et tables rondes, dans une ambiance conviviale et accessible à chacun. De multiples façons de découvrir la richesse du monde de la vigne et du vin.

 

La Cité du Vin est aussi un projet architectural ambitieux. Quelles sont ses sources d’inspiration et sa symbolique ?

 

Les architectes ont souhaité proposer un bâtiment qui évoque la souplesse et la rondeur d’un bon vin. Le mouvement et la fluidité caractérisent la forme de ce bâtiment qui cherche à s’inscrire dans la courbe du fleuve. Les matériaux les plus visibles sont le verre, le métal et le bois, tous trois fortement présents dans l’univers du vin. La proposition répondait parfaitement à la volonté du maître d’ouvrage qui souhaitait que La Cité du Vin présente une silhouette immédiatement identifiable, dotée d’un point de vue panoramique qui permette de contempler la Ville et le fleuve d’un seul coup d’œil.

 

Comptez-vous créer des passerelles avec les professionnels du secteur vitivinicole ? Si oui, sous quelles formes ?

 

Nous avons tissé de multiples liens avec le monde vitivinicole au cours des sept années de préparation du projet. Celui-ci a été présenté à de nombreuses interprofessions ou associations professionnelles qui sont devenues des relais d’information, nous ont soutenu dans nos recherches, ou ont noué des partenariats plus formels avec La Cité du Vin. Il en a été de même avec le monde universitaire ainsi qu’avec de grandes institutions culturelles françaises et internationales.

 

Une telle cité ne risque-t-elle pas de concurrencer l’offre oenotouristique que plusieurs châteaux ont déjà mis en place ?

 

La Cité a été conçue pour compléter l’offre touristique et culturelle régionale mais aussi pour jouer un rôle de relais et dynamiser l’offre oenotouristique. Des séances de travail réunissant les acteurs institutionnels et privés du tourisme ont été menées au cours des années préalables à l’ouverture et ont permis d’imaginer des partenariats et de développer l’offre existante. Au sein même de la Cité du Vin, un comptoir d’information et de vente géré par l’office de tourisme de Bordeaux permet de se documenter sur les diverses possibilités proposées dans la région, mais aussi sur les « portes d’entrées » dans d’autres vignobles de France ou de l’étranger. Un ponton a été installé au pied de la Cité du Vin pour favoriser le développement de croisières oenotouristiques qui rencontrent un joli succès.

 

Quels bénéfices Bordeaux peut-il tirer de ce projet, au sein d’un secteur vitivinicole toujours plus globalisé et concurrentiel ?

 

La Cité du Vin apporte indéniablement une visibilité à Bordeaux, d’autant qu’à ce jour, aucun équipement comparable n’existe dans le monde. Elle contribue à donner à la ville une image moderne et un statut de « capitale culturelle » du vin, ce que nombre de nos partenaires étrangers nous disent considérer comme légitime. Son positionnement original, qui affiche clairement la dimension civilisationnelle du vin et non une approche commerciale ou purement technique, et s’intéresse au monde entier plutôt qu’au territoire bordelais ne cesse de surprendre.

 


Pour en savoir plus : Site de la Cité du vin de Bordeaux

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