Changements climatiques

Iceberg dérivant au large du village de Kulusuk au Groenland. Crédits : Bob Strong / Reuters

 

1/ Les conclusions principales du rapport du GIEC du 1/11/14 font apparaître quasiment les mêmes préconisations qu’antérieurement, à savoir principalement :
– limitation de l’élévation de température à 2°C s’il y a réduction de 40 à 70% des émissions mondiales des Gaz à Effet de Serre (GES) entre 2010 et 2050,
– rôle majeur du CO2 issu des combustibles fossiles parmi les GES,
– réchauffement de 4 à 5°C en 2100 si toutes les réserves de combustibles fossiles actuelles étaient entièrement utilisées avec poursuite jusqu’à 7 ou 8°C le siècle suivant ; la découverte de nouveaux gisements et les pétroles & gaz non conventionnels annihilent l’idée qu’un épuisement rapide des fossiles pourrait éviter le problème climatique,
– stratégie de « décarbonation » de la production d’électricité pour atteindre des niveaux bas-carbone.
Autrement dit, on retrouve les préconisations issues des modélisations mathématiques.

 

2/ La réaction au mot « climato-sceptique » provient de la dérive méprisante, voire injurieuse, vis-à-vis de ceux qui exposent des avis différents de ceux du GIEC. L’affaire récente du licenciement du responsable de la météo de France 2 (M. Philippe Verdier) en raison de la parution de son livre (Climat Investigation) apparaît emblématique.
Dans les milieux scientifiques, on respecte les thèses et hypothèses émises par différents auteurs relatives à l’analyse de phénomènes observés (principe de réfutabilité), ce qui fait la richesse des débats, et on refuse tout dogmatisme qui stérilise la recherche et s’apparente à du sectarisme. D’où les termes de « climato-réaliste » et « climato-responsable » pour ceux qui émettent d’autres hypothèses que celles imposées par le GIEC.

 

3/ On peut émettre un certain nombre de questions concernant les thèses sur l’évolution du climat.

a) On observe, depuis environ 18 ans, une décroissance de la température moyenne, dont il n’est apparemment pas fait état dans les prédictions de températures du GIEC. Cela correspond bien à la théorie de Syun Ichi Akasofu qui s’inscrit, par ailleurs, dans le cycle de 60 ans (crêtes vers 1940 et vers 2000, creux vers 1910 et vers 1970) qui retrace valablement l’évolution des températures. A contrario, les modèles GIEC ne décrivent pas correctement l’évolution des températures antérieures connues ni la décroissance depuis 18 ans. On se trouverait ainsi dans la zone de décroissance des températures.

b) Par ailleurs, on observe une décroissance du nombre de Wolf (taches solaires) dont le maximum n’était que de 70 au mini-max de 2013 du cycle 24, soit -42% par rapport au maximum de 120 du cycle 23 (1997-2009) et -56% par rapport au maximum de 160 du cycle 22 (1987-1997). On rappelle qu’il y a une excellente corrélation entre les températures et les cycles solaires, le petit âge glaciaire (PAG) de 1350 à 1850 ayant été caractérisé par une activité solaire quasiment nulle. Ainsi, la décroissance des températures devrait se poursuivre.

c) On ne précise nulle part que la température de référence est celle de 1850 mais on parle d’ « avant la révolution industrielle ». Or il se trouve que cette date est celle de la fin du PAG, c’est-à-dire un niveau de base encore très bas, et il est évident qu’il y a une remontée des températures, comme cela a été le cas pour l’optimum climatique médiéval du Xème au XIVème siècle. L’augmentation de 1°C depuis 1850 n’est donc pas anormale et, compte tenu des cycles, n’a pas à être projetée linéairement.

d) La mesure des températures et des taux de CO2 dans différentes capitales d’Europe a montré qu’il y avait une bonne correspondance entre leurs courbes d’évolution. Toutefois, il a été observé que les courbes de températures précédaient, et non suivaient, celles des taux de CO2, ce qui indique que la croissance de la température est la cause, et non l’effet, de celle du taux de CO2.
On retrouve bien ce que les paléo-climatologues ont découvert. Ceci paraît d’ailleurs évident puisque le relargage du CO2 des océans s’accélère lorsque la température croît, l’absorption étant plus importante lorsque la température décroît, propriété physique connue. Le point est d’importance puisqu’il inverse la causalité CO2 – température.

e) Il est rarement fait état du principal GES qui est la vapeur d’eau (environ 0,4% de la composition de l’atmosphère, en moyenne) pour ne retenir que le CO2 (0,035% ou 350ppm) soit 10 fois moins. Or cette vapeur d’eau très abondante et omniprésente stabilise l’effet de serre. On parle peu du méthane CH4 (1,5ppm) dont l’effet aussi est important (25 fois l’efficacité du CO2). Si on tient compte des coefficients d’efficacité, on aboutit à ce qu’un doublement de concentration du CO2 n’augmenterait la température que de ¼°C. La couverture nuageuse, par son contenu en molécules d’eau et son albedo a, par ailleurs, un effet très important sur l’évolution du climat et un effet d’auto-régulation.

f) Malgré les ondes de marée de plusieurs mètres d’amplitude deux fois par jour, les vagues et vaguelettes, les variations gravimétriques ou barométriques, il est déclaré une augmentation du niveau des océans de 3mm/an, soit 3 cm en 10 ans, selon les modèles mathématiques reliés aux mesures satellitaires. En supposant un accroissement linéaire, on aurait eu 30cm en 100 ans, élévation qui aurait dû être observée aussi en Méditerranée, mer fermée sans ondes de marée mais seulement soumise à des variations barométriques. Ce n’est apparemment pas le cas.

g) Il est fait grand cas de l’acidification des océans par l’acide carbonique provenant du CO2 atmosphérique sans précision sur le mode de pénétration en couches profondes et froides de l’océan, l’eau chaude surnageant normalement à la surface. En imaginant que certains vortex ou tourbillons localisés peuvent permettre une injection d’eau chaude carbonatée à une certaine profondeur, cela ne résout pas la question générale de l’acidification des océans (2/3 de la surface du globe, profondeur moyenne 3000m).

h) On parle de fonte des glaciers sans en préciser la cause et sans rappeler que la glace ne fond pas aux températures négatives que l’on trouve à 3000m, l’albedo de la neige et la faible capacité calorifique de l’air limitant la fonte. Il faut donc faire intervenir une autre hypothèse comme celle du réchauffement de la base du glacier, indépendante de tout réchauffement atmosphérique. Pour ce qui concerne le Groënland ou l’Océan glacial arctique, on retrouve la même problématique de la cause de la fonte, la banquise ne pouvant fondre que par sa base au contact de l’océan (températures négatives en surface, albedo de la neige, rayonnement rasant etc.). Il n’est fait nulle part état de la ride médio-atlantique en action à proximité comme le montre le volcanisme actif de l’Islande réchauffant l’eau océanique qui la baigne. Par contre, on omet de préciser qu’il y a augmentation de la couverture neigeuse et de la calotte glaciaire en Antarctique.

 

4/ On arrêtera ici l’énoncé des questions légitimes que l’on peut se poser, mais on posera celle de la raison de leur occultation systématique dans les rapports du GIEC qui se focalisent sur le seul CO2 alors que l’évolution du climat est multifactorielle, que le taux de CO2 dans l’atmosphère n’est que de 0,04% et surtout que la température décroit depuis 18 ans, avec la mise en évidence, on le rappelle ici encore, du fait que l’évolution de la température précède celle du taux de CO2 et non le contraire.

Tout ce qui vient d’être évoqué étant, bien sûr, connu de la communauté scientifique, l’occultation par le GIEC est donc volontaire, et il faut en chercher les raisons.

Quelques catégories peuvent être envisagées (en particulier pour ce qui concerne la situation française actuelle) :
– raisons politiques : nécessité de récupérer les mouvements écologistes et leurs votes,
– raisons idéologiques : thèses malthusiennes, anti-nucléaires, anti-industrielles, anti-croissance, anti-etc,
– raisons économiques : développement de la production d’éoliennes et d’hydroliennes, de panneaux solaires, de véhicules électriques, de nouvelles batteries, d’unités de production d’électricité par la biomasse, renforcement de l’isolation des constructions et des dispositifs de conditionnement d’air etc., mais aussi accroissement de la R&D dans tous ces domaines, création d’emplois, investissements,
– raisons financières : justification de l’imposition de nouvelles taxes, intérêts médiatiques (films, livres, émissions TV), subventions à des lobbies, divers organismes ou autres groupes d’intérêts etc.

Par contre, je ne crois pas à la thèse de l’expression de l’orgueil de l’homme se considérant comme maître du climat, d’une part par sa responsabilité dans le « réchauffement » ou « dérèglement » climatique (cf. article 1er des statuts du GIEC), d’autre part par son pouvoir de « sauver la planète » par un certain nombre de dispositions plus ou moins contraignantes ne tenant pas compte de la réalité causale du changement climatique qui, on le rappelle encore, est en cycle actuel de décroissance des températures, lesquelles précèdent les évolutions du taux de CO2 et n’en sont pas consécutives, bien au contraire. A noter que le débat scientifique sur les causes du changement climatique (cosmiques, astronomiques, solaires, géologiques, terrestres, anthropiques) est toujours en cours, et doit le rester.

Pour ma part, je considère que les efforts doivent être orientés vers la diminution de la pauvreté et de la misère dans le monde, avec soutien du développement et donc prise de mesures dans ce sens, en particulier pour ce qui concerne l’énergie et la gestion des ressources d’eau potable, en relation avec le potentiel technique, industriel et financier des pays développés. Mais cela implique une volonté politique aussi bien des pays développés que de ceux en développement ce qui, à mon avis, prendra encore beaucoup de temps.

 

Jean-Luc ROGER
11/11/2015

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